Réduire la soif de nos jeans: Levi's le bon élève?

©Levi's

Le jean est le vêtement le plus porté dans le monde. Avec près de deux milliards de ventes par an autour de la planète, le denim traverse toutes les modes et toutes les catégories sociales. Mais derrière cette production mondialisée se cache un désastre écologique. Un jean nécessite à lui seul des dizaines de litres d’eau, des pesticides, des colorants et des détergents nocifs ainsi que des millions de kilomètres de transport. De la création à l’assemblage, un jean fait parfois le tour du monde avant d’arriver dans nos boutiques.

Le grand méchant N°1: le coton

Le coton est capricieux. Il a très soif et prend du temps pour sortir de ses capsules. Pour augmenter leur rendement, les géants du jeans protègent leur coton avec une quantité accrue de produits chimiques. Ainsi, selon The guardian,  la culture de l’élément principal du jean consomme 22% des insecticides et 10% des pesticides (coucou à Mosanto) utilisés dans le monde pour une surface qui occupe 2,5% de la planète.

Photos issues de la vidéo Datagueule (3'') https://www.youtube.com/watch?v=wH9dMNWjL2s
Photos issues de la vidéo Datagueule 

Une campagne avant-gardiste

Il en a fallu du temps avant que le géant du jean Levi’s prenne ses responsabilités quant à son empreinte écologique. Mais depuis 2010, après l’abandon des techniques de sablage qui ont rendu des milliers de travailleurs malades, l’enseigne a fourni des efforts remarquables en termes de transparence et de production « verte ». En effet, l’enseigne annonce à présent les données concernant son impact écologique telles  que sa production de gaz à effet de serre et sa consommation d’eau. En 2012, Greenpeace a d’ailleurs propulsé l’entreprise au top de son classement des « Detox trendsetters » pour ses actions. Un précurseur détox, peut-être, mais pas pour rien. Certes, avec la pression des organisations environnementales, la marque a cédé. Mais elle a aussi deviné, avant d’autres, le business de la « mode verte » qui émerge petit à petit dans notre société de consommation.

©Levi's
©Levi’s

Ainsi, Levi’s a lancé une collection Water<less qui promet de réduire de 28 à 96% d’eau dans chaque vêtement. Avec quels moyens? Au lieu de faire tourner ses jeans dans différentes machines à laver et différents sèche-linges pour aboutir aux finitions telles qu’on les connaît, Levi’s a combiné les multiples cycles de lavage dans un seul processus humide. Ensuite, le fabricant a ajouté un traitement à l’ozone pour donner à ses vêtements l’effet délavé sans eau. Donc grosso modo: si un jean « traditionnel » nécessite 42 litres d’eau à la production,  Levi’s parviendrait, ici, à fabriquer un jean avec 10 à 40 litres en moins, soit une portion d’eau de 2 litres à 30 litres selon l’article. Sachant qu’à la base, la fabrication de denim donne du fil à retorde en matière d’environnement, il faut reconnaître que c’est déjà un bon point de départ.

Le grand méchant N°2: les consommateurs

Certes, 52% des impacts environnementaux du jean proviennent de sa production, mais il reste 48 autres qui sont certainement attribuables à la manière dont nous les entretenons, explique l’Agence française de l’environnement (Ademe). La campagne Water<Less met d’ailleurs l’accent sur la responsabilité du consomma(c)teur en proposant des pistes pour réduire chez soi son empreinte écologique. Le PDG de Levi’s, Chip Bergh, l’a même déclaré lors d’une conférence sur le développement durable « ne lavez pas vos jeans ». Comment réduire son impact écologique personnel alors?

  • Porter ses jeans plus longtemps : 5 ou 6 fois plutôt que 3 avant de les laver
  • Laver ses pantalons à froid et les sécher à l’air libre
  • Après usure, les transformer en leur donnant  une seconde vie
  • Choisir des jeans en coton bio ( mais ça coûte plus cher)

Sur la route du progrès

L’industrie du jean Levi’s n’est encore certainement pas parfaite. Mais elle montre une voie à suivre, et franchement, c’est pas mal. En plus de la réduction des quantités d’eau, l’enseigne s’est également engagée d’ici 2020 à ne plus utiliser de produits dangereux et cancérigène dans ses jeans (notamment les colorants chimiques encore souvent manipulés à main nue). Attention, on se méfie tout de même du greenwashing, il faudra vérifier si l’entreprise dit vrai.

PS: il va de soi que cet article n’est pas sponsorisé